C'est mon anniversaire et je reçois avec joie et gratitude toutes
les belles attentions qui me parviennent par la poste, le téléphone,
l'internet... Certains vœux viennent même de très loin et cela me fait chaud au
cœur de pouvoir être connectée à des personnes chères résidant à l'autre bout
de la planète. Une amie (celle qui au cœur de l'ère de la communication virtuelle reste l'experte des belles lettres écrites à la main et délivrées par le facteur comme dans le bon vieux temps) me fait parvenir quatre jolis marque-pages intitulés "live mindfully", "spoil yourself", "feel connected" et "simplify your life". Cela me semble tout à fait cohérent avec mes aspirations... Ils auraient pu être accompagnés d'un "call yourself sweetie (at least from time to time)"!
Ce jour me rappelle la mise en ligne de Polyhymnie il y a un an, à
l'occasion de mes 40 ans. Il me rappelle aussi - avec un peu d'inconfort -
l'inactivité qui s'y est glissée depuis le début de l'été passé. Après
avoir appris la souffrance d'un proche, cet été fût un peu comme un hiver
pour moi. Une période de repli, de descente dans les profondeurs. A plusieurs
reprises l'élan d'écrire un nouveau morceau m'a traversé. Toutefois, la
culpabilité, le jugement, le sentiment de ne pas être à la hauteur l'ont
emporté. Je me rends compte à quel point il peut être difficile
d'honorer l'intention d'écrire aussi les bas de l'existence, comme je
l'avais si bien formulé en créant Polyhymnie... Accueillir l'existence telle
qu'elle se déploie d'instant en instant, sans juger, sans critiquer, sans
vouloir réformer quoi que ce soit... Quelle immense pratique. Le silence de ce
blog témoigne au moins en partie de cette tendance à vouloir que les choses
soient différentes de ce qu'elles sont déjà.
Ce jour j'ai donc envie de renouveler mon intention de créer
régulièrement un espace pour me poser et porter mon attention sur l'un ou
l'autre de ces moments - grands ou petits - qui font le cours d'une
existence d'instant en instant. De chanter les hymnes de la Vie comme
le veut la tradition de la Muse Polyhymnie. Cette intention n'est que renforcée par la joie que j'ai depuis le début
de cette année de me former comme instructeur MBSR (Mindfulness Based Stress
Reduction) auprès du Center for Mindfulness à Boston. Un autre blog - qui
deviendra peut-être un site web, ou pas...- est en cours de construction afin de pouvoir partager avec ceux qui le souhaitent la
pratique et les outils de la pleine conscience.
J'aime terminer ce morceau avec un poème de Rumi,
un mystique Persan (Iranien) qui a profondément influencé le soufisme. Ce poème
m'a été donné par mes enseignants en MBSR. C'est une invitation à permettre aux choses d'être exactement ce qu'elles sont à chaque instant. Si je rajoutais un cinquième marque-page "allow"...?
The Guest House
This being human is a guest house.
Every morning a new arrival.
A joy, a depression, a meanness,
some momentary awareness comes
as an unexpected visitor.
Welcome and entertain them all!...
Even if they are a crowd of sorrows,
who violently sweep your house
empty of its furniture,
still, treat each guest honorably.
He may be clearing you out
for some new delight.
The dark thought, the shame, the malice.
meet them at the door laughing and invite them in.
Be grateful for whatever comes.
because each has been sent
as a guide from beyond.
-- Jelaluddin Rumi,
translation by Coleman Barks
This being human is a guest house.
Every morning a new arrival.
A joy, a depression, a meanness,
some momentary awareness comes
as an unexpected visitor.
Welcome and entertain them all!...
Even if they are a crowd of sorrows,
who violently sweep your house
empty of its furniture,
still, treat each guest honorably.
He may be clearing you out
for some new delight.
The dark thought, the shame, the malice.
meet them at the door laughing and invite them in.
Be grateful for whatever comes.
because each has been sent
as a guide from beyond.
-- Jelaluddin Rumi,
translation by Coleman Barks
Avec mes 3 Rumis... (Seward, Alaska - 2009)
Hello Caro! Je suis heureuse de te lire, de suivre ton cheminement de pensées et de le partager avec toi! Pas toujours facile en effet, de mettre par écrit nos zones d'ombres, nos "hivers" comme tu dis ... et pourtant, bien souvent, une fois qu'ils sont là sur le papier (ou sur l'écran), cela parait tout de suite un peu moins lourd à porter! Merci de chanter les hymnes de la vie ... je suis heureuse de faire un peu partie de cette belle symphonie. Je t'embrasse et à bientôt! Marip
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