Automne
Les feuilles tombent, tombent comme des lointains
comme si aux cieux dans des jardins éloignés,
tout flétrissait
elles tombent en gestes de refus.
Et dans les nuits la lourde terre tombe
depuis toutes les étoiles dans la solitude.
Nous tous nous tombons. Cette main là tombe
et vois les autres aussi : cela est en elles toutes
et pourtant il est quelqu’un, qui retient toute cette chute
dans ses mains avec une douceur infinie.
Rainer Maria Rilke
polyhymnie
chanter ce qui est...
jeudi 25 septembre 2014
lundi 22 septembre 2014
Sept jours de gratitude # 4
But what of our lives
Sunlight warms the crinkly bark,
Birds touched by morning sun
Sing cantatas at daybreak.
The clouds at this hour
Rest motionless,
While even the waves
Pounding the shore
Fail to stir the stillness,
Which can be carved with a blade.
Sunlight warms the crinkly bark,
Birds touched by morning sun
Sing cantatas at daybreak.
The clouds at this hour
Rest motionless,
While even the waves
Pounding the shore
Fail to stir the stillness,
Which can be carved with a blade.
Are the simple things.
The curved reach of the sun,
Leaves fallen to earth
Left behind by the passing moon
And feathers found on a path
Gifts from the secret lives of birds.
What I know of this life is little,
What I sense is great
Too vast too open
For any words to wrap them in.
Yet we try anyway
Holding them in pockets of thought
Morsels to ponder and muse.
Yet how rarely they touch
The vibrancy of our senses,
Nor coming close
To the flare of a cardinals wing,
Or the silent pause of dawn.
Mark Coleman - http://www.awakeinthewild.com
vendredi 19 septembre 2014
Sept jours de gratitude # 3
C'est curieux: ce qui me semblait si facile hier, est beaucoup plus compliqué aujourd'hui: sentir la gratitude...
On est vendredi, la journée a été longue et intense, le week-end s'annonce plus ou moins chargé et j'ai ce sentiment d'être un peu dépassée par les choses.
Je m'efforce consciemment pour entrer dans la pratique de la gratitude.
Gratitude pour les amis chez qui Emile (pris par un petit virus de l'école...) a pu passer la soirée (et manger des pizzas!) pendant que j'emmenais ses deux frères à la natation. Gratitude de nous savoir entourés, pour les liens d'amitié qui nous portent...
Gratitude d'avoir croisé les chemins de la pleine conscience, gratitude pour les ressources qu'elle m'offre chaque jour et dont j'ai spécialement besoin les jours comme celui-ci, où mon énergie est à la baisse...
Gratitude - encore et encore - pour tous les moments passés avec mes enfants; ces moments ne reviennent plus...
On est vendredi, la journée a été longue et intense, le week-end s'annonce plus ou moins chargé et j'ai ce sentiment d'être un peu dépassée par les choses.
Je m'efforce consciemment pour entrer dans la pratique de la gratitude.
Gratitude pour les amis chez qui Emile (pris par un petit virus de l'école...) a pu passer la soirée (et manger des pizzas!) pendant que j'emmenais ses deux frères à la natation. Gratitude de nous savoir entourés, pour les liens d'amitié qui nous portent...
Gratitude d'avoir croisé les chemins de la pleine conscience, gratitude pour les ressources qu'elle m'offre chaque jour et dont j'ai spécialement besoin les jours comme celui-ci, où mon énergie est à la baisse...
Gratitude - encore et encore - pour tous les moments passés avec mes enfants; ces moments ne reviennent plus...
jeudi 18 septembre 2014
Sept jours de gratitude # 2
Aujourd'hui semble un jour facile pour la gratitude... On est mercredi, il fait superbe et les enfants sont sages comme des images... Que de raisons pour me sentir du côté des gâtés de la vie... C'est intéressant de le constater. Car cette conscience est loin d'habituelle. Peut-être que l'intention que Marie-Pierre m'a filée y est pour quelque chose déjà? La pratique de la gratitude produirait-elle déjà si vite ses bienfaits...?
Alors, j'essaie de sentir où mon attention est le plus captée par un sentiment d'abondance et de plénitude. Et bien, c'est rigolo. Je suis touchée par ces toutes petites choses:
Gratitude de voir mes deux jumeaux jouer au jardin, d'entendre leur rires et leur enthousiasme, de les savoir si intimement liés et solidaires, même si ce n'est pas toujours facile de partager tant d'univers...
Gratitude pour l'odeur du café qui coule de la petite cafétière italienne remplissant toute la cuisine de ses arômes et qui me rappellent les premiers rendez-vous avec mon mari (qui à l'époque faisait déjà son café à l'italienne, alors que je n'avais encore jamais vu ça...). Gratitude pour cette abondance de bonnes choses que je peux manger et boire de jour en jour...
Gratitude - parlant de mon mari - de savoir qu'il va bientôt rentrer pour passer du temps avec nous; privilège instauré depuis la rentrée les mercredi après midis dans un agenda sinon très très rempli... Gratitude pour la générosité et la souplesse avec lesquelles il gère ét le boulot ét la famille...
Alors, j'essaie de sentir où mon attention est le plus captée par un sentiment d'abondance et de plénitude. Et bien, c'est rigolo. Je suis touchée par ces toutes petites choses:
Gratitude de voir mes deux jumeaux jouer au jardin, d'entendre leur rires et leur enthousiasme, de les savoir si intimement liés et solidaires, même si ce n'est pas toujours facile de partager tant d'univers...
Gratitude pour l'odeur du café qui coule de la petite cafétière italienne remplissant toute la cuisine de ses arômes et qui me rappellent les premiers rendez-vous avec mon mari (qui à l'époque faisait déjà son café à l'italienne, alors que je n'avais encore jamais vu ça...). Gratitude pour cette abondance de bonnes choses que je peux manger et boire de jour en jour...
Gratitude - parlant de mon mari - de savoir qu'il va bientôt rentrer pour passer du temps avec nous; privilège instauré depuis la rentrée les mercredi après midis dans un agenda sinon très très rempli... Gratitude pour la générosité et la souplesse avec lesquelles il gère ét le boulot ét la famille...
mardi 16 septembre 2014
Sept jours de gratitude # 1
J'ai été nommée par une amie pour partager pendant sept jours trois choses pour lesquelles j'ai de la gratitude. Alors, j'ai accepté et je me suis posée face à cette belle vertue de la gratitude.
« La gratitude se réjouit de ce qui a lieu, ou de ce qui est, écrit André Comte-Sponville dans son Petit Traité des grandes vertus. Elle est ainsi l’inverse du regret ou de la nostalgie, qui souffrent d’un passé qui ne fut pas, ou qui n’est plus, comme aussi de l’espérance ou de l’angoisse, qui désirent ou craignent […] un avenir qui n’est pas encore, qui ne sera peut-être jamais, et qui les torture pourtant de son absence. »
La gratitude nous donne le sentiment d’être du côté de ceux que la vie gâte et cela nous est bénéfique. Les neurosciences le prouvent : pratiquer la gratitude au quotidien est un gage de bonne santé psychologique. Cela nous aide à résister au stress mais surtout à prendre conscience que nous avons besoin des autres pour exister. Que nous sommes tous liés...
Oui, je sais, tout cela est très vrai... Et pourtant, je passe tellement facilement à coté de tous ces petits moments de bonheur et de reliance au quotidien... Par manque d'attention, manque de présence...
Dans les sept jours à venir, j'accepte donc de m'entraîner davantage dans cette pratique de la gratitude et j'en témoignerai par un petit billet ici.
Voici donc trois gratitudes de ce jour...
Gratitude d'avoir eu au téléphone ce matin mon amie d'enfance Ann... Gratitude pour son amitié, sa bienveillance, son écoute, sa sincérité. Gratitude d'être portée dans la vie par l'amour et l'amitié des autres...
Gratitude pour l'aide dans la maison que me donne Katia. Gratitude pour sa grande loyauté, sa grande serviabilité et sa bonne humeur au quotidien... Gratitude de me sentir épaulée...
Gratitude de pouvoir rechercher mes enfants tout à l'heure à la sortie de l'école... Gratitude pour mon rôle de mère, pour le temps qui m'est donné pour m'occuper d'eux, pour le bonheur d'être à leurs côtés... Gratitude de pouvoir être là pour eux et avec eux...
C'est doux d'écrire ces quelques lignes... Merci Marie-Pierre!
Et à demain...
« La gratitude se réjouit de ce qui a lieu, ou de ce qui est, écrit André Comte-Sponville dans son Petit Traité des grandes vertus. Elle est ainsi l’inverse du regret ou de la nostalgie, qui souffrent d’un passé qui ne fut pas, ou qui n’est plus, comme aussi de l’espérance ou de l’angoisse, qui désirent ou craignent […] un avenir qui n’est pas encore, qui ne sera peut-être jamais, et qui les torture pourtant de son absence. »
La gratitude nous donne le sentiment d’être du côté de ceux que la vie gâte et cela nous est bénéfique. Les neurosciences le prouvent : pratiquer la gratitude au quotidien est un gage de bonne santé psychologique. Cela nous aide à résister au stress mais surtout à prendre conscience que nous avons besoin des autres pour exister. Que nous sommes tous liés...
Oui, je sais, tout cela est très vrai... Et pourtant, je passe tellement facilement à coté de tous ces petits moments de bonheur et de reliance au quotidien... Par manque d'attention, manque de présence...
Dans les sept jours à venir, j'accepte donc de m'entraîner davantage dans cette pratique de la gratitude et j'en témoignerai par un petit billet ici.
Voici donc trois gratitudes de ce jour...
Gratitude d'avoir eu au téléphone ce matin mon amie d'enfance Ann... Gratitude pour son amitié, sa bienveillance, son écoute, sa sincérité. Gratitude d'être portée dans la vie par l'amour et l'amitié des autres...
Gratitude pour l'aide dans la maison que me donne Katia. Gratitude pour sa grande loyauté, sa grande serviabilité et sa bonne humeur au quotidien... Gratitude de me sentir épaulée...
Gratitude de pouvoir rechercher mes enfants tout à l'heure à la sortie de l'école... Gratitude pour mon rôle de mère, pour le temps qui m'est donné pour m'occuper d'eux, pour le bonheur d'être à leurs côtés... Gratitude de pouvoir être là pour eux et avec eux...
C'est doux d'écrire ces quelques lignes... Merci Marie-Pierre!
Et à demain...
jeudi 20 mars 2014
Etre là
Demain c'est le printemps. C'est aussi le jour du décès inattendu de ma maman, il y a maintenant dix ans. Je venais de donner naissance à Emile. Au sein de notre nid, c'était le printemps. Pour elle, le moment de quitter l'ici-bas était venu.
Ce matin, le magnolia en fleurs au jardin me rappelle l'ensemble de ce mélange de choses, d'événements heureux et tristes qui colorient notre vie, parfois de façon très simultanée et confuse.
Quand je pense à ma maman aujourd'hui, un souvenir particulier vient au premier plan: celui de nos coups de fil. Depuis que j'avais quitté la maison de mes parents, nous avions cette habitude de nous appeler très régulièrement et souvent "sans raison". Nous faisions la "papote" sur tout et rien. Je dirais que nous nous appelions tous les jours... Ces conversations faisaient partie de notre lien, presque comme un automatisme. On aurait facilement pu les appeler "superficielles"...
Et pourtant, après toutes ces années, je perçois avec manque et gratitude le fil rouge qui nous connectait ainsi: la présence que nous nous donnions l'une à l'autre, cette disponibilité qui ne requiert aucun rendez-vous, sur laquelle nous pouvions toujours compter. Et puis, le plaisir que nous avions tout simplement de partager nos jours et que nous avons gardé intacte à travers les aléas de la vie.
Le magnolia me rappellera désormais ceci: l'importance d'être simplement là...
vendredi 28 février 2014
Auto-culpabilité ou auto-compassion?
Cela se passe cette semaine. J'ai les "blues"... Les tâches (purement ménagères) qui m'attendent me semblent insurmontables. Pratiquant la pleine conscience je décide de poursuivre la journée en essayant d'observer mes idées, plutôt qu'en me faisant submerger par un trop plein de négativité. Pendant que j'avance dans les choses à faire je m'arrête à chaque fois que je ressens de la négativité monter en moi. Je m'arrête pour observer la pensée qui me traverse à cet instant. Je fais cela pendant un bon moment. Au bout de quelques arrêts je suis stupéfaite par mes propres observations. Elles sont tellement flagrantes, tellement peu nuancées qu'en même temps qu'elles m'attristent un peu, elles me font rire. Toutes les pensées que je perçois me jugent. Elles jugent mes priorités (rester à la maison aujourd'hui pour m'occuper du ménage), mes choix (plutôt commencer par nettoyer la cuisine), elles jugent si je fais comme ceci (utiliser du javel), elle jugent si je fais comme cela (utiliser un produit BIO), elles jugent mes actions (acheter des éclairs comme goûter pour faire plaisir à mes enfants), elles jugent... tout! Mon juge intérieur ne semble admettre aucun compliment, aucune reconnaissance. Tout est sujet à une critique incessante. Il devient très vite clair qu'avec une telle activité de mon esprit il devient très difficile de ne pas avoir les blues... Le constater m'apaise déjà un peu.
En poursuivant la semaine je tombe sur un joli texte par Elisha Goldstein "Watering the Seeds of Happiness"** dans lequel elle commente exactement ce processus d'auto-culpabilisation selon l'approche de la pleine conscience. Les voix critiques que nous entendons sans cesse ne sont pas dépourvus de sens. Elles ont la bonne intention de nous protéger contre des douleurs et blessures émotionnelles d'autrefois (tels le manque d'attention, la perte, la dévalorisation, la violence). Dans l'ici et le maintenant ces voix ne nous veulent donc que du bien: nous protéger contre l'inconfort, l'insécurité que nous avons connus déjà auparavant. Au lieu donc de critiquer la voix critique, culpabilisante, dévalorisante Elisha nous invite à l'accueillir simplement comme une partie de nous qui essaie de nous préserver, de nous protéger. Nous pouvons ainsi décider de lui offrir notre attention et notre reconnaissance. Ce faisant nous pouvons écouter les émotions ou expériences douloureuses qu'elle tente de panser, plutôt que de lutter contre elle. Ecouter de cette façon nos voix exigeantes et jugeantes nous permet de cultiver la gentillesse et la compassion envers nous-mêmes et plus particulièrement envers nos fragilités et blessures. D'une coupure jugeante nous pouvons alors entrer dans une connexion intime et consciente avec nous-même, permettant à nos peurs et doutes de s'exprimer et de prendre sens d'instant en instant.
Pour ma part, j'essaie de dire "oui" à cette invitation, avec courage, douceur et bienveillance...
* http://blogs.psychcentral.com/mindfulness/2009/04/watering-the-seeds-of-happiness/
En poursuivant la semaine je tombe sur un joli texte par Elisha Goldstein "Watering the Seeds of Happiness"** dans lequel elle commente exactement ce processus d'auto-culpabilisation selon l'approche de la pleine conscience. Les voix critiques que nous entendons sans cesse ne sont pas dépourvus de sens. Elles ont la bonne intention de nous protéger contre des douleurs et blessures émotionnelles d'autrefois (tels le manque d'attention, la perte, la dévalorisation, la violence). Dans l'ici et le maintenant ces voix ne nous veulent donc que du bien: nous protéger contre l'inconfort, l'insécurité que nous avons connus déjà auparavant. Au lieu donc de critiquer la voix critique, culpabilisante, dévalorisante Elisha nous invite à l'accueillir simplement comme une partie de nous qui essaie de nous préserver, de nous protéger. Nous pouvons ainsi décider de lui offrir notre attention et notre reconnaissance. Ce faisant nous pouvons écouter les émotions ou expériences douloureuses qu'elle tente de panser, plutôt que de lutter contre elle. Ecouter de cette façon nos voix exigeantes et jugeantes nous permet de cultiver la gentillesse et la compassion envers nous-mêmes et plus particulièrement envers nos fragilités et blessures. D'une coupure jugeante nous pouvons alors entrer dans une connexion intime et consciente avec nous-même, permettant à nos peurs et doutes de s'exprimer et de prendre sens d'instant en instant.
Pour ma part, j'essaie de dire "oui" à cette invitation, avec courage, douceur et bienveillance...
* http://blogs.psychcentral.com/mindfulness/2009/04/watering-the-seeds-of-happiness/
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