Ca y est... Demain je fêterai mes quarante ans... Je me souviens des états d'âme de ma maman quand elle allait passer ce cap. Cela avait l'air plutôt difficile. Entretemps ma maman a quitté ce monde, à un âge où je la trouvais toujours très jeune, trop jeune pour quitter la vie d'ici-bas. Alors ce cap de la quarantaine, mine de rien, m'a fait peur, à moi aussi.
C'est à ce moment confus que j'ai délibérément posé mon attention sur ce que pourraient être les choses essentielles pour la "deuxième partie de ma vie". Car les valeurs et les priorités sont en mouvement au cours d'une existence...
Je vous passe toute la liste des idées, rêves, envies et regrets qui ont traversé mon esprit... Car spontanément est survenu un moment où j'ai senti qu'au bout de ces quarante ans il m'était aussi devenu vital de pouvoir arrêter la course du faire, d'honorer l'instant présent tel qu'il s'offre à moi et aux miens, de simplement accueillir tout ce qui est déjà là, d'en célébrer la grâce et d'embracer plus sereinement la part d'ombre de la vie. Et puis, d'accompagner mes enfants afin qu'ils retrouvent eux aussi le bonheur - au moins par moments - dans l'infiniment peu...
J'ai ressenti ma fragilité face à cette course incessante et épuisante du toujours plus, toujours mieux, que ce soit dans la réalisation de soi, les projets de famille, le domaine professionnel ou la vie sociale. Mais la vie n'est pas un sport d'élite ... (j'aime cette expression que j'ai un jour croisée sur facebook...). Quel défi pour ma personnalité habituée au perfectionnisme et plutôt accro au contrôle...
Cela ne veut pas dire que j'ai décidé de renoncer à tout projet ni que je refuserai d'évoluer ou que je fuirai tout engagement social... bien au contraire. Je ne serais d'ailleurs plus moi dans ces cas là... Mais je me suis retrouvée apaisée en acceptant que dans une seule vie on ne peut pas tout réaliser (comme je le croyais encore insconsciemment jusqu'à peu dans une sorte d'illusion de toute puissance)... Je me suis rendu compte que pour certaines choses, le moment était peut-être venu de les abandonner. Et que pour d'autres choses il était important de m'y consacrer davantage à partir de maintenant. J'aime ce genre de "tri intérieur". Déposer des vieilles peaux pour repartir "neuf"... Certains caps nous y invitent plus que d'autres!
Parmi les choses importantes m'est apparu l'envie d'écrire plus régulièrement, non seulement dans un cahier intime mais aussi dans des pages à partager comme ce blog. Car j'aime écrire et me sentir reliée par le partage de vécus. L'écriture me rend présente, attentive et davantage discernée... Tout comme la lecture, elle est une de mes fidèles ressources intérieures... Je compte sur ce blog en tant que gardien de cette résolution...
Le nom "Polyhymnie" vient du Grec. Dans la mythologie grecque, Polymnie ou Polhymnie (en grec ancien Πολυμνία / Polymnía ou Πολύμνια / Polymnia, « nombreux chants, aux chants multiples, abondance, bonne chère ») de Polyhymnie (Πολυύμνια / Polumnia, nom composé de deux mots grecs qui signifient beaucoup et hymne ou chanson) est la Muse de la Rhétorique. C'est la Muse des chants nuptiaux comme des funéraires. La Muse qui chante la Vie dans toutes ses manifestations, dans sa beauté et sa laideur...
Voilà donc la raison d'être de ce blog, en toute humilité, en toute humanité. Son but n'est pas d'être un morceau d'excellence (il est important pour moi de le souligner de moi à moi car sinon je ne finirai jamais par publier un texte), ni d'additionner un point "to do" à mon emploi du temps. Mais de créer régulièrement un espace pour me poser et porter mon attention sur l'un ou l'autre de ces moments - grands ou petits - qui font le cours d'une existence d'instant en instant. De chanter les hymnes de la Vie comme le veut la tradition de la Muse...
Je suis ravie de partager cet espace avec vous et d'y recueillir vos impressions!
Bienvenue donc et au plaisir de vous lire!

Polyhymnie