Cela se passe cette semaine. J'ai les "blues"... Les tâches (purement ménagères) qui m'attendent me semblent insurmontables. Pratiquant la pleine conscience je décide de poursuivre la journée en essayant d'observer mes idées, plutôt qu'en me faisant submerger par un trop plein de négativité. Pendant que j'avance dans les choses à faire je m'arrête à chaque fois que je ressens de la négativité monter en moi. Je m'arrête pour observer la pensée qui me traverse à cet instant. Je fais cela pendant un bon moment. Au bout de quelques arrêts je suis stupéfaite par mes propres observations. Elles sont tellement flagrantes, tellement peu nuancées qu'en même temps qu'elles m'attristent un peu, elles me font rire. Toutes les pensées que je perçois me jugent. Elles jugent mes priorités (rester à la maison aujourd'hui pour m'occuper du ménage), mes choix (plutôt commencer par nettoyer la cuisine), elles jugent si je fais comme ceci (utiliser du javel), elle jugent si je fais comme cela (utiliser un produit BIO), elles jugent mes actions (acheter des éclairs comme goûter pour faire plaisir à mes enfants), elles jugent... tout! Mon juge intérieur ne semble admettre aucun compliment, aucune reconnaissance. Tout est sujet à une critique incessante. Il devient très vite clair qu'avec une telle activité de mon esprit il devient très difficile de ne pas avoir les blues... Le constater m'apaise déjà un peu.
En poursuivant la semaine je tombe sur un joli texte par Elisha Goldstein "Watering the Seeds of Happiness"** dans lequel elle commente exactement ce processus d'auto-culpabilisation selon l'approche de la pleine conscience. Les voix critiques que nous entendons sans cesse ne sont pas dépourvus de sens. Elles ont la bonne intention de nous protéger contre des douleurs et blessures émotionnelles d'autrefois (tels le manque d'attention, la perte, la dévalorisation, la violence). Dans l'ici et le maintenant ces voix ne nous veulent donc que du bien: nous protéger contre l'inconfort, l'insécurité que nous avons connus déjà auparavant. Au lieu donc de critiquer la voix critique, culpabilisante, dévalorisante Elisha nous invite à l'accueillir simplement comme une partie de nous qui essaie de nous préserver, de nous protéger. Nous pouvons ainsi décider de lui offrir notre attention et notre reconnaissance. Ce faisant nous pouvons écouter les émotions ou expériences douloureuses qu'elle tente de panser, plutôt que de lutter contre elle. Ecouter de cette façon nos voix exigeantes et jugeantes nous permet de cultiver la gentillesse et la compassion envers nous-mêmes et plus particulièrement envers nos fragilités et blessures. D'une coupure jugeante nous pouvons alors entrer dans une connexion intime et consciente avec nous-même, permettant à nos peurs et doutes de s'exprimer et de prendre sens d'instant en instant.
Pour ma part, j'essaie de dire "oui" à cette invitation, avec courage, douceur et bienveillance...
* http://blogs.psychcentral.com/mindfulness/2009/04/watering-the-seeds-of-happiness/
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