J'aime ce rituel issu de la tradition chrétienne, qui offre une occasion de célébrer l'enfant, de marquer son appartenance à la communauté et de le laisser goûter au sacré à travers un rite plus formel, toutefois rempli d'innocence et de simplicité.
Les enfants aiment les fêtes. Ils adorent bien sûr aussi les cadeaux. Mais au delà de la surface festive, les enfants se nourrissent et se remplissent de l'attention et de la reconnaissance qu'ils reçoivent quand une fête leur est dédicacée ainsi. Dans le cas de jumeaux, il est important (et un défi) de veiller à ce que cette attention soit donnée de façon individuelle et unique.
J'aime à ce propos raconter une petite anecdote. Quand notre fils aîné a fait sa première communion il y a deux ans, nous venions de rentrer de notre grand voyage aux Amériques. En Amérique du Sud nous avions découvert la tradition de la piñata. La piñata est un récipient, fait de papier mâché et/ou de potterie qui peut prendre la forme d'une figurine ou de tout autre objet, que l'on remplit de sucreries et de petits jouets. Au Mexique et dans d'autres pays d'Amérique Latine à Noël et aux fêtes d'anniversaires, les enfants, les yeux bandés, armés d'un bâton essayent de casser la piñata afin de récupérer les présents cachés à l'intérieur. Pendant ce temps, tous scandent une petite chanson afin d'encourager l'enfant à l'action. Nous avions donc cherché il y a deux ans à trouver une piñata pour la fête de première communion de notre fils aîné et ce fût un moment inoubliable. Soucieuse de l'égalité entre les frères, je me souviens avoir bien souligné à mes deux fils cadets qu'ils auraient aussi chacun leur piñata quand ce serait leur communion. "Chacun, maman? Aurons nous donc deux piñatas?" fût leur réponse... J'ai lu un doux mélange de joie et d'étonnement dans leurs yeux quand je leur ai confirmé que bien sûr chacun aurait droit à une piñata. Ce n'était pas la première fois qu'une telle situantion émouvante se produisait dans la relation avec mes fils jumeaux. Ce 28 avril ils ont donc cassé chacun leur piñata sous les applaudissements de tous les invités et ce fût encore un moment inoubliable... Deux moments inoubliables...
Un rituel comme la première communion offre aussi une occasion de célébrer la reliance de l'enfant à sa communeauté familiale, amicale, scolaire, paroissiale, transgénérationelle, marquant ainsi l'importance des vrais liens, des rencontres réelles, du plaisir d'être ensemble... J'ai été profondément touchée à cette occasion de constater à quel point les personnes de la génération qui nous précède (grands-parents, grands-oncles et tantes, amis plus agés) ont exprimé leur joie d'assister à cette célébration, réunissant tous les âges autour de valeurs partagées. Comme si cela ne leur semblait plus une évidence...
Si tout ce qui précède fait sens, pour ma part c'est aussi et surtout parce que la Première Communion offre à l'enfant, à son niveau, une porte d'entrée à partir de laquelle il est invité d'explorer sa reliance au sacré. En tant que parent j'aime beaucoup l'idée d'un sacrament marquant non seulement qu'il est important de réserver une place au sacré, mais aussi que honorer le sacré est de l'ordre d'un engagement et d'une certaine pratique, sous quelque forme que ce soit. La Première Communion peut ainsi constituer une petite graine ouvrant l'enfant à la dimension spirituelle de son existence. Evoquer son souvenir plus tard, sera alors peut-être comme un doux clin d'oeil vers le travail de toute une vie...

piñata
Magnifique témoignage Caro! C'est si émouvant, profond et vrai! Merci!Marie-Pierre
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