Dans quelques jours mon fils aîné partira pour la première fois en camp avec le patro. Une nouvelle étape, une nouvelle "première fois"... comme il y en a des milliers dans les vies de nos enfants et dans notre cœur de parent...
Emile est ravi de partir. Les étincelles illuminant ses yeux à chaque moment où cette perspective est évoquée me rassurent qu'il est plus que prêt pour cette aventure. Il rêve des jeux qui l'attendent, essaie de s'imaginer le lieu (maman, ce sera peut-être une maison dans la forêt), se demande ce qu'il va manger (maman, qu'est qu'on reçoit au petit déjeuner tu crois?) et me liste quelques petits indispensables à ne pas oublier (mes pantoufles chaudes et mon doudou et puis, la trousse de premiers secours - on ne sait jamais maman, si quelqu'un se fait mal je pourrais le soigner...).
Lit de camp, sac de couchage, lampe de poche... J'imagine toute l'excitation et l'impatience que ces préparatifs doivent provoquer dans son cœur d'enfant! Je ne peux m'empêcher de stresser à l'idée qu'il lui manquerait un "truc essentiel"... Elliott, pour qui ceci est aussi une première, me demande qui prendra soin de ses lessives au camp!
J'aime les moments où mes enfants peuvent s'envoler du nid dans la confiance et la liberté pour partager des moments inoubliables avec les copains, découvrir d'autres horizons, apprendre la vie en dehors de la maison... J'aime ces moments car ils permettent à chacun de cultiver son autonomie, son univers propre, pour se retrouver ensuite "nourri" d'expériences. Jusqu'à maintenant ces instants se sont toujours limités à quelques heures, un petit stage ou une nuitée... Or, cette fois c'est parti pour une petite semaine: départ du mardi au vendredi! Tout d'un coup le terme "Petit Camp" me semble un peu décalé face à mon propre ressenti!
Pendant que je songe à ses bagages, de doux souvenirs de sa petite enfance me reviennent. Il n'est plus ce petit garçon d'autrefois. Il grandit. Il monte un nouveau "pallier". Le voir se préparer pour son premier camp m'invite à accueillir le mouvement permanent de la vie, avec ses pages à tourner, ses chapitres à clore, ses infinis nouveaux moments présents à recevoir et puis, mine de rien ses défis et ses dangers... C'est joyeux, un peu douloureux et inquiétant à la fois. Mon fils doit avoir une petite idée des pensées qui me traversent quand il me lance en souriant "Pas de cafard hein maman quand je ne suis pas là...".
J'y entrevois une douce invitation à lâcher prise, un petit clin d'oeil "Red Chestnut", cette Fleur de Bach qui nous aide à déposer nos inquiétudes pour les êtres qui nous sont les plus chers.
Cela m'a rappelé le beau texte suivant, que nous avons lu à nos enfants lors de leur baptême, que j'aime citer ici.
Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel dela Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches
vivantes, sont projetés.
L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie;
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable.
L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie;
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable.
(Khalil Gibran, le Profète)
Superbe témoignage Caro! Merci pour ce partage authentique d'une merveilleuse maman ! Cela me ramène quelques années en arrière ... et pourtant, même quand ils grandissent, il me reste des questionnements, des "peurs", des pourquoi! C'est un métier qui dure toute la vie !!!
RépondreSupprimerMarip